Le 29 juin 2017
de 11h30 à 12h00
Le Patio (université de Strasbourg)
22 rue René Descartes, 67000 Strasbourg
salle 3209
Séance - Music of the Non-Western World: The Mediterranean and Beyond
Pré-acte / Acte
Auteur : Nidaa Abou Mrad
La tradition musicale lettrée du Mašriq comporte une forme d’improvisation instrumentale en solo, dénommée taqsīm, dont l’analyse pose le double problème de sa grande complexité grammatologique et de la création instantanée. A cette problématique répond l’hypothèse sémiotique modale, établie par l’auteur en tant que procès de réécriture grammaticale générative des monodies traditionnelles. Ainsi cette communication identifie-t-elle le taqsīm à la cantillation instrumentale d’un texte arabe virtuel et implicite, dont la métrique prosodique se combine avec les formules modales pour donner lieu à la morphophonologie rythmico-mélodique de l’énonciation musicale. L’analyse repère dans ce flux des unités métriques minimales axées sur des notes focales réductibles à des indicateurs nucléaires, les noyaux modaux étant des chaînes concurrentes et hiérarchisées de tierces. L’objectif est de montrer que la morphologie d’un taqsīm est descriptible en tant que produit de matrices lignes mélodiques réduites par des matrices colonnes rythmiques, lesquelles donnent prise à des transformations et des élaborations syntaxiques vectorielles (épousant les modalités sémantiques intonatives) que régule une grammaire que cette communication propose de mettre en exergue. L’hypothèse est validée par le biais de l’analyse d’un fragment de taqsīm, enregistré sur disque 78 tours par le violoniste syro-égyptien Sami Chawa (1885-1965).







